Société

Sud-Kivu : l’exploitation sexuelle des filles mineures au carré minier de luhihi, un danger pour l’avenir des victimes.

l'exploitation sexuelle des filles mineures au carré minier de luhihi

L’exploitation sexuelle des filles mineures prend de plus d’ampleur dans le carré minier de Luhihi en territoire de Kabare.
Luhihi est un groupement situé à plus au moins 45km de la Ville de Bukavu dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu.

Depuis la découverte de l’or dans ce site minier, des organisations des droits de l’homme dénoncent l’exploitation sexuelle des mineures.
Pour ces organisations, des maisons de tolérances présentent en ce lieu favorisent l’exploitation sexuelle des mineures.
Selon le rapport de la nouvelle dynamique de la société civile de katana en collaboration avec l’ONG Promotion et Appui aux initiatives féminines, PAIF en sigle, publié en date du 14 décembre 2020, plus de 10 filles ont été engrossées dans ce site entre décembre 2020 et février 2021
Ashuza Barack s’est rendu dans ce site minier, voici son reportage
Déjà à l’entrée de ce carré minier, la présence des filles mineures est remarquable, elles sont pour la plupart logées dans les maisons des tolérances en vue d’avoir les creuseurs pour clients. Ces derniers paient en argent comptant ou en quantité d’or.

Pour la plupart de ces filles la précarité dans laquelle elles vivent en famille fait qu’elles s’adonnent à cette pratique. Certaines affirment être là avec la bénédiction de leurs familles.
« Je reçois toute catégorie d’homme dans ce carré minier qui nous rencontre dans nos maisonnettes où nous vivons.
Le paiement dépend de la convention avec le client mais le début c’est Cinq milles franc congolais un coup pressé et cet argent subvient à mes besoins et ceux de ma famille.
J’ai perdu tous mes parents dont j’étais la fille unique, je suis à la recherche d’une vie heureuse, raison de ma présence dans ce carré minier
Je prie le bon Dieu pour qu’un jour je cesse cette pratique et suis prête à rentrer en famille et vivre comme d’autres filles mais, je manque comment y aller car je suis habitué à gagner seule mon argent.
Ce travail est très risquant car je peux prendre une convention avec un partenaire, soit que l’acte sexuelle va se passer avec un préservatif mais quand il arrive dans la chambre, il veut passer à l’acte sans condom ou il veut me payer moins après acte » Explique une des filles rencontrées sur ce lieu qui s’est exprimée sous l’anonymat à notre micro.
Certains parents regrettent que cette pratique soit faite au vu et au su de responsables sans conscience du danger à l’avenir. « Ces filles mineures sont épousées momentanément par certains exploitants de ce carré minier et quand ils de l’argent dans ce carré minier, ils abandonnent ces filles mineures et restent toujours en train de vagabonder dans le milieu en étant enceintes.
Ces filles auront beaucoup de difficultés dans leur vie.
Premièrement, elles auront de maladies sexuellement transmissibles, deuxièmement, elles mettront au monde des enfants sans père qui causeront une démographie dans leurs familles.
Actuellement on commence à les appeler, enfants du carré. » explique nsimire burhungane, parent de son état.

Cette pratique engendre des chocs émotionnels chez ces filles qui ont des conséquences énormes sur l’avenir, pense le Psychologue Germain Basengere. 
« Cet enfant a beaucoup des problèmes, surtout sur la face psychologique.
C’est un enfant d’abord qui est déjà traumatisé, il a déjà un choc émotionnel, il ne sera plus normal comme d’autres enfants parce que en premier lieu, cet enfant va se sous-estimé et vous trouvez que c’est un danger, une bombe en retardement.
Si ces enfants ne sont pas vraiment pris en charge, les réintégrer directement dans la famille, est un danger et un point de contamination psycho transmissible pour les autres qui sont à la maison.
Ils doivent passer dans un site transitionnel. Ils doivent d’abord être gardé quelque part pour être soigné émotionnellement »

Les responsables du dit carré minier sont informés du problème et ont pris des engagements avec les propriétaires des puits pour endiguer ce phénomène affirme Pascal KAZAMBA l’un d’eux. « Nous travaillons pour arrêter cette blague-là, les mineurs doivent rester chez elle. On s’est convenu qu’il faut qu’il y est un acte d’engagement qui sera signé après avoir vulgarisé ce document chaque chef du Puit aura son acte d’engagement qu’il devra signer pour dire désormais qu’il n’utilisera plus des mineures dans le carré minier, et en suite, celui qui utilisera des mineurs dans le carré minier se fera condamné par la loi »
Pour le greffier du tribunal de grande instance de Kavumu, la loi prévoit une peine de 3 à 20 ans de prison ferme et d’une amande de deux cents mille francs toute personne reconnue coupable de viol car au fait, avoir des relations sexuelles avec une mineure. « La loi punie tout celui qui commet le viol sur mineure ou la personne qui utilise une fille mineure, il est passible des sanctions prévues par cette loi. En matière de viol, le violeur est puni à une sanction de plus de 20 ans ; il peut être puni à 20 ans minimum ou au-delà de 20 ans même. »

Lors d’un entretien avec votre reporter ; les Chefs locaux disent avoir déjà débuté des plaidoyers aux prêts de certains partenaires pour faire des sensibilisations dans les sites miniers de Luhihi.
Bahizire ciringwi Luc, chef de groupement de Luhihi explique la démarche. « Nous avions mené des plaidoyers auprès de nos partenaires puisqu’ils puissent nous accompagner à faire la sensibilisation auprès des exploitants dans le but de mettre fin à cette exploitation sexuelle faite sur les filles mineures.
Nous avons défendu l’exploitation des mineures et leur utilisation dans toutes les activités dans ce carré miniers.
Les responsabilités sont partagées, c’est-à-dire ; les chefs locaux ont le devoir d’interdire cette pratique et les parents ont le devoir d’interdire leurs filles mineures de ne pas se diriger dans le carré minier car dans ce lieu il y a beaucoup des réalités et il y a aussi beaucoup des délinquants. »
Une certaine opinion pense qu’il faudrait l’implication de tout le monde (les autorités, la justice, la police, la notabilité, les organismes des Droits de l’homme, les confessions religieuses, les ONG, les organisations de la société civile et les parents) pour mettre fin à cet acte interdit et punie par la loi congolaise.
Rédigé par : Munguashuza kalimbiro Barack.

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