Société

Kabare : Environ 50 femmes violées par leurs fils à Miti ces trois dernières années

Violence sexuelle faites aux femmes par leurs propres fils

La situation de la femme reste préoccupante dans le groupement de Miti en territoire de Kabare au Sud-Kivu. Environ 50 femmes ont été violées par leurs propres fils, entre 2017 et 2020, soit en une période de 3 ans. Une situation inédite. Elles sont victimes du rejet social, stigmatisées, souffrent des maladies cardiaques et n’ont aucun droit d’héritage. La plupart d’entre elles, sont veuves et d’autres abandonnées par leurs maris.

Une d’elles, âgées de 59 ans a été violée, il y a six mois, par son fils âgé de 30 ans dans le village de Kashusha, dans le groupement de Miti. 

“Les enfants étaient déjà endormis quand mon fils était venu dans ma chambre et m’avait violé. Je regrette que mon propre enfant puisse me faire une chose pareille. Déjà 3 ans, je suis devenue maladive, le Docteur a dit que c’est l’hypertension. Je me considère comme n’avoir jamais eu d’enfants “, dit-elle.

Une autre femme âgée de 60 ans révèle avoir été violée par son fils de 30 ans, séropositif, et qui l’avait ensuite contaminé du VIH-SIDA.

“Quand mon mari est mort, mon fils m’a demandé si nous pouvons vivre ensemble, j’ai refusé. Une nuit, il est entré dans ma chambre et m’a violé. J’avais honte d’en parler. Quand je suis parti à l’hôpital, on a trouvé que j’avais le Sida”, affirme-t-elle.

Une autre survivante de 64 ans témoigne avoir été surpris par son fils à Buranyambwe dans le groupement de Miti. 

“Je partageais la maison avec mon fils. Un jour, la nuit, cet enfant est entré dans ma chambre et commencer à me violer. Dès ce jour-là, il est parti et je ne sais plus où il est.  Je suis devenue malade.”, dit-elle.

Des cas peu dénoncés

M. Emmanuel Nyamulinduka, activiste des droits humains affirme que des viols des femmes par leurs propres fils existent dans le groupement de Miti. Mais, précise-t-il, ces cas sont isolés et sont rarement orientés vers des centres de prise en charge. Il plaide pour un accompagnement en vue de sauver la vie de ces femmes qui ne dénoncent pas cette situation par peur d’être stigmatisées. 

Le point focal de la clinique juridique de la Fondation Panzi à Miti-Murhesa, M. Samuel Muhamanzige, affirme aussi avoir reçu des cas des femmes violées par leurs fils. Il souligne que tous ces cas, sont écoutés et transférés à la police nationale congolaise afin de suivre les soins et la prise en charge psychologique.
  
Le Dr, Achille Bapolisi, psychiatre à l’hôpital provincial général de référence de Bukavu, fait savoir que ces victimes peuvent avoir des troubles assez sérieux. « Du point de vue psychologique, elles se sentent déshumanisées devant toute la communauté.   Elles peuvent également souffrir de la dépression, des troubles anxieux et même des éléments psychotiques entre autres : la dissociation et des hallucinations », précise-t-il. 

Du côté des autorités locales, on reconnaît aussi l’existence de cette situation. L’agent territorial à Kabare Nord, M. Mungu Agaba Kabaye, estime toutefois qu’ils sont isolés et cela rend un peu difficile le travail. “Ceux qui sont répertoriés, sont acheminés à la police ou au parquet”, affirme-t-il. Toutefois, il regrette que des personnes arrêtées pour viol sur leurs mères soient souvent libérées après corruption des autorités policières ou judiciaires. Ce qui, souligne Kabaye, décourage ceux-là qui travaillent pour mettre fin à cette situation dans le groupement de Miti en territoire de Kabare au Sud-Kivu.

Pour rappel, en République démocratique du Congo, la loi punit pour viol, à 20 ans de prison toute personne qui, sans le consentement, oblige une autre à avoir des rapports sexuels. La peine est doublée si l’auteur est un membre de la famille de la survivante. 

Divine Kashali

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